RÉUNION DU 21 OCTOBRE 2003
Précision : le présent "compte-rendu", s'il se veut le plus fidèle possible à ce qui a été dit, est tout à fait subjectif. J'espère simplement avoir retranscrit, sinon avec exactitude au moins avec justesse les propos de chacun...
Michel Chavrot
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Jean Claude Carle souhaite la bienvenue à la centaine de personnes qui s'est déplacée. Il présente Vincent Biais, architecte, qui s'occupe du P.L.U. (Plan Local d'Urbanisme) de Ceillac et Frédéric Sionnet, chargé de la mise à niveau des remontées mécaniques. L'ensemble du conseil municipal est présent.
La réunion se déroule en 2 temps : présentation des grands projets et questions-réponses.
* Alain Fourny commence la réunion en présentant les grandes lignes du projet pour Ceillac, les grands enjeux pour les prochaines années :
85 à 90 % de l'économie du village est lié au tourisme. Pour pouvoir affronter la concurrence, une mise à niveau est indispensable. Parallèlement, il doit y avoir une bonne utilisation des ressources de la commune. Le conseil municipal est là pour faire les choix nécessaires, lesquels choix ne sont pas faciles et engagent l'avenir de la vallée.
Les priorités sont :
- sauver l'offre touristique, notamment en ce qui concerne l'hiver qui représente 50 % de notre activité.
- sauver nos possibilités de développement (P.P.R. , P.L.U. ...) en ce qui concerne l'habitat permanent, les résidents secondaires et les lits touristiques (en baisse de 400 unités).
- assurer nos bases permanentes : inscrire les travaux dans le P.P.R., travaux de protection, aménagement du village (parkings, places, terrain de sport...), mise en route du schéma directeur d'assainissement..
- ne pas mettre en péril les finances communales. Utiliser les subventions à bon escient, investir raisonnablement. Un maximum de 15 à 20 millions de francs d'autofinancement communal semble être une somme plafond, la part de la commune, pour les différents projets, ne devant pas dépasser 35 % du coût global.
* Frédéric
Sionnet présente les grandes lignes du projet de réaménagement
du domaine alpin :
- le nouveau télésiège (1400 m de long, 400 m de dénivelée) sera un 4 places débrayable. Il partira du parking et s'arrêtera, comme aujourd'hui, au niveau du snack Girardin. La durée sera de 4' 30'' pour le trajet (12 minutes aujourd'hui). L'implantation se situera entre la piste noire et Ban Bouisson (plus de pylônes sur la piste noire). Le débit est calculé pour 1800 skieurs/heure, le télésiège débouchant sur les 2 téléskis débitant chacun 900 skieurs/heure.
- reprofilage de Ban Bouisson : le but est de faciliter le retour pour les skieurs moyens.
- enneigement de la piste noire (du pont de la bleue jusqu'en bas) sur toute la longueur et toute la largeur. Constitution d'une réserve collinaire (20.000 m3) au niveau des prés Girardin.
- agencement du parking avec rehausse.
- déplacement et sécurisation des 2 téléskis du bas avec suppression des angles
* Vincent
Biais présente, quant à lui, les grands axes du P.L.U., notamment
en ce qui concerne l'U.T.N. (unité touristique nouvelle)
Aujourd'hui, existe la contrainte du P.P.R. (Plan de Prévention des Risques) engagé par le Préfet en 1995. Ce P.P.R. est très sévère pour Ceillac et il n'y a pas d'assouplissement en perspective. Les possibilités de construire sont donc fermées au village et à L'Ochette (la commune ne possédant pas de terrains en ce lieu). Par ailleurs, le POS de 1977 avait déjà défini une zone constructible au Pied du Mélézet.
Comment organiser le développement ? : Il faut conserver l'Ochette pour l'habitat permanent et chercher un autre site pour le développement touristique.
Aujourd'hui, le P.L.U. remplace le P.O.S. Ce dernier est un document foncier alors que le P.L.U. est un document de projets.
Le projet d'U.T.N. (unité touristique nouvelle) comporte un volet pour les remontées mécaniques et un volet urbanisation.
Quels sont les handicaps : Il faut équilibrer la partie remontées mécaniques et les investissements à prévoir sont importants mais le chiffre d'affaires généré par lit est d'environ 1000 francs (contre 8000 à 10.000 F pour les grosses stations des Alpes du Nord).
Pourquoi la rentabilité est-elle mauvaise ? : A cause de la faiblesse du nombre de lits touristiques. Cette faiblesse a pour origine des causes diverses : dissolution de la S.I.C.A. , avec vente d'une partie des appartements locatifs, restructuration de V.V.F., avec baisse du nombre de lits...La tendance actuelle pour l'ensemble des Alpes c'est d'offrir de la qualité. Or il est difficile d'y répondre à Ceillac. D'où l'idée de la création d'un pôle de développement complémentaire et non concurrentiel avec proposition d'un produit différent à plusieurs points de vue :
- localisation géographique (skis aux pieds)
- 100% de lits marchands (qualité haut de gamme : surface, équipement intérieur et commun, environnemental, choix des matériaux, énergies...)
Ce pôle doit être conforme à l'image du Queyras avec une architecture typique de la vallée.
caractéristiques du projet UT.N.
- 15 maisons environ (hauteur des bâtisses 10/12 m)
- Taille : 6000 m² de surface de plancher pour environ 400/500 lits avec une extension possible pour un hôtel (1500 m²)
- partie centrale totalement piétonne (rue et place piétonnes), avec 100 % de parkings souterrains (au mieux, financièrement parlant) ou panachage 50/50 souterrains et couverts + quelques stationnements de surface (dépose minute, livraison, accès sécurité...)
- accès ski par l'amont et sortie ski par l'aval
- commerces uniquement d'activités : dépôt pain, cartes postales, épicerie de base... *
* la volonté de maintenir et de renforcer l'activité de vie au village est établie.
Projets pour le village
Un des seuls acquis concernant le P.P.R. porte sur l'autorisation d'aménagement habitable au dessus de 2 m de hauteur.
- projet de la cure : halte garderie + 3 logements pour de l'habitat permanent
- place des cirques : valorisation de l'espace avec une place arborée (arbres et jardinières), aménagement d'un parking (25 places environ), d'un terrain de boules (les pompiers déménageant normalement à la Viste)
- espace d'accueil et de loisirs (au pied du village) : terrain de football, terrain de volley, terrain de boules, circuit V.T.T. et aménagement d'un parking arboré (30 places).
QUESTIONS~RÉPONSES
Question : En ce qui concerne l'U.T.N., qui exploitera le bâti et qui acquerra les terrains ? Qu'en est-il de l'énergie et du traitement des déchets ?
Pour le traitement des déchets, le schéma directeur d'assainissement (établi en commun par la communauté de communes et le parc et mis en oeuvre en 2004) prévoit la desserte du lotissement de L'ochette, celle du Mélézet avec la création d'une station d'épuration en aval du village (au-dessous de la Viste).
Pour l'U.T.N., la commune doit avoir la maîtrise du foncier (pour l'investissement et l'exploitation, il faudra le même opérateur). Une commune doit garder le pilotage sur une opération de cette importance, il est donc hors de question de laisser un opérateur agir librement. Il faut éviter qu'il y ait une offre concurrentielle pour le village et pour cela, il faut garder la maîtrise du projet.
C'est donc la commune, avec les ceillaquins, qui doit rédiger le cahier des charges (fonctionnalité, services, architecture, types d'appartements ...) avec une contrainte d'une vingtaine d'années. La maîtrise du foncier permettra de contrôler ce cahier des charges. Il faut qu'il y ait un engagement de gestion unique. Les ceillaquins, s'ils le souhaitent, devront pouvoir s'associer aux investissements en prenant des parts dans l'opération.
La commune n'a pas de terrain et ne peut donc en proposer pour un habitat permanent (il existait un projet à la Vigne mais qui n'a pu aboutir à cause des contraintes du P.P.R.). Cependant le projet d'aménagement de 3 logements à la cure doit aboutir prochainement.
Question : Quel rapport existe-t-il entre l'U.T.N. et le télésiège ?
Rappelons que l'objectif, pour le télésiège, est de ne pas participer pour plus de 20 % du coût global. Le département devant être partie prenante au sein d'un syndicat mixte regroupant le conseil général, qui pourra ainsi apporter un financement important, et les communes du Queyras et du Champsaur.
On nous demandera : Et vous de votre côté qu'allez-vous faire pour développer votre offre ?
On sait, qu'en Europe, le point d'équilibre se situe à 2000 lits pour assurer l'équilibre d'une station. Ce n'est pas l'urbanisation qui va financer l'U.T.N., par contre, L'U.T.N. amènera un supplément de clientèle, laquelle clientèle sera aussi pour les commerces, les services (ESF, accompagnateurs...) du village.
Question : Voyez l'exemple de Vars où la création de la station aux Claux a tué les hameaux de Sainte Catherine et de Sainte Marie. Avec cette U.T.N., vous allez tuer le village.
On essaye de voir ce qui s'est fait ailleurs pour ne pas faire les mêmes bêtises. Il y a à Ceillac un total, si l'on comprend les lits permanents, secondaires et touristiques, d'environ 4000 lits. Ce qui est prévu, c'est 400 lits, soit 10 % du chiffre total. Il ne faut pas déséquilibrer : juguler la taille du projet (l'U.T.N. correspond en gros à V.V.F en nombre de lits), maîtriser ce qui se fera (pas d'usines à skis), accomplir un effort d'équipement public et d'animation autour du village.
D'ailleurs, les grands programmes actuels concernent le village : maison Chabrand, presbytère, espace d'accueil et de loisirs, place des "cirques"....
Question : Qu'entendez-vous par haut de gamme ? Quelles prestations y aura-t-il de plus ?
Haut de gamme, cela signifie :
- grande taille (minimum 50 m²)
- confort (cheminée, coin skis, équipement intérieur, salle de bains vaste...)
- équipement commun complet (centre de remise en forme, jacuzzi, crèche...)
- architecture ambitieuse
Question : Qu'en est-il de l'accès aux handicapés ? (pour le bâti et pour les remontées mécaniques)
Que cela soit pour les remontées ou pour le bâti, la règle qui prévaudra sera de faciliter l'accès aux personnes handicapées. De toutes façons, la prise en compte de l'accès aux handicapés est obligatoire.
Dans la pratique, c'est un peu un casse-tête. La commune choisira si on peut aller plus loin que ce qui est exigé.
Question : Que deviendra l'U.T.N. l'été ? Quelles sont les activités annexes prévues (loisirs ou autres) ? Est-ce que le ski a des chances de développement à Ceillac (enneigement aléatoire, pratique de l'alpin en baisse, destinations exotiques hivernales attrayantes et bon marché...) ? Est-ce que le projet n'est pas à contre tendance ?
L'économie du village est très liée au ski. C'est un produit d'appoint mais important. Pour l'été, les activités classiques seront proposées, randonnées pédestres notamment. Par ailleurs, le télésiège peut très bien être utilisé l'été (parcours de santé, descente V.T.T., ...)
Le but est de maintenir l'activité liée à la neige. C'est pourquoi, même si l'exposition est favorable à Ceillac (pistes à l'Ubac pour l'essentiel), un enneigement artificiel sera mis en place.
L'investissement de la commune pour les années à venir : 3/4 millions de francs pour l'alpin, 3/4 millions de francs pour les grandes bases (voirie, aménagement...), 2/3 millions de francs pour l'amélioration des services. L'investissement pour l'alpin est un investissement de maintien.
Les activités d'été sont moins gourmandes en investissements. Qui plus est, le parc en prend à sa charge une partie (création et réfection des sentiers par exemple).
Question : Et la crèche ?
Elle sera à Ceillac, pas au Mélézet. Concernant cette"crèche", à la cure, il s'agira plutôt d'une halte garderie - point d'accueil, les contraintes pour la création d'une crèche étant très sévères (contraintes DASS). Le fonctionnement sera annuel.
Question : Comment a été accueillie l'opération rue piétonne cet été ? Pensez-vous à une extension future de la zone piétonne ?
C'est un succès et il y a voeu d'extension pour le village entier. Cela suppose la création de parkings de proximité.
Les gens veulent oublier la voiture. C'est une tendance lourde actuelle et les expériences menées en ce sens en Europe (Tignes, Zermatt...) sont un très grand succès. Beaucoup de nos visiteurs sont des citadins qui vivent la contrainte de la voiture toute l'année. Ils souhaitent simplement pouvoir s'en affranchir pendant les vacances.
Question : Est-il prévu la mise en place d'une navette pour l' U.T.N. ?
Oui
Question : Comment se fera l'acquisition des terrains ? Lots par lots, par accord amiable, par expropriation ? Quel sera l'impact financier de cette acquisition ? Quel sera l'impact financier pour la mise à niveau des remontées mécaniques ?
Pour les terrains, la majorité des acquisitions se fera à l'amiable, au prix du marché. Pour les difficultés d'ordre notariale (indivisions...) une demande de déclaration d'utilité publique sera faite.
Pour l'alpin, Chaque commune assure sa propre politique, la neige de culture garantissant un fonctionnement. La commune assurera 30 % de son financement.
Question : Aujourd'hui, les 3000 lits se vendent mal ? Que faire ?
Aujourd'hui, on dénombre 1668 lits destinés à la location, la plupart étant loués 18 à 20 semaines par an, ce qui est dans la bonne moyenne des Alpes. On a perdu 410 lits touristiques (SICA, amélioration des logements avec une capacité réduite...).
Comment faire ? : il faut augmenter la prestation interne mais cela est du domaine privé des loueurs.
La commune peut, elle, améliorer la promotion. L'image de la vallée est positive mais difficile à diffuser. Actuellement, cette promotion est du domaine de compétence de la communauté de communes avec une structure, l'Office de Tourisme et de Promotion du Queyras, qui, il est vrai n'est pas performante actuellement.
Des efforts doivent être accomplis avec, par exemple, la mise en réseau des offices de tourisme. C'est de ce côté qu'il y a du travail à faire.
Question : Comment sera choisi l'opérateur, pour l'U.T.N. ?
Des problèmes de mises à niveau se font jour dans des stations comme Puy Saint Vincent ou les Orres. Des programmes sont donc mis en place. On peut faire la même chose ici. Il est parfois difficile de motiver certains propriétaires et il est donc fait appel aux professionnels.
En ce qui concerne l'U.T.N., pour l'opérateur, il y aura appel d'offres.
Question : Ceillac est une station-village. Comment absorber les 400 lits supplémentaires ? Où vont skier ces skieurs suplémentaires ?
Le domaine alpin actuel peut tout à fait absorber ce surplus de skieurs. Nous ne sommes pas en saturation sur les pistes. Il n'y aura donc pas de création de piste, confortons d'abord ce qui existe.
Question/avis : Il faut créer des lits supplémentaires et faire venir les gens à Ceillac. Les appartements-placards, c'est fini. L'environnement, c'est fondamental. Il faut bouger pour ne pas mourir. Remarquons qu'il n'y a pas grand chose pour les ados.
Fait est que nous sommes passés en quelques années d'une vente de 1500 forfaits/jour à 1000 forfaits/jour
Question : La création de l'U.T.N. ne va pas pallier les carences du village. Avec 100.000 Francs, on pourrait grandement améliorer la pratique du fond avec par exemple une meilleure signalétique et la création d'une zone d'accueil. N'oublions pas, non plus, que l'hiver, on dénombre 40 % de non-skieurs.
Question : Que va-t-on proposer s'il n'y a pas de neige ?
C'est vrai que nos visiteurs d'hiver ne sont pas tous skieurs. Il est donc essentiel de trouver et de développer des activités de substitution. La création future du musée Chabrand est un exemple.
Question : L'arrivée du télésiège au snack ne risque-t-il pas de créer un afflux important qui ne pourra être absorbé ?
Rappelons que le débit du télésiège est de 1800 skieurs/heure et débouche sur 2 téléskis ayant, chacun, un débit de 90 skieurs/heure. Qui plus est, l'enneigement de la noire, le reprofilage de Ban Bouisson et la perspective d'une remontée rapide (4' 30'') devraient inciter les skieurs à emprunter d'avantage les pistes de descente, ce qui délestera d'autant les 2 téléskis.
Précisons aussi qu'allonger le télésiège, jusqu'à l'avalancheur par exemple, implique un surcoût de 80 %. Plus de longueur nécessite un cablage différent, une motorisation bien plus puissante... Ce n'est plus la même gamme de porteur.
Jean-Claude Carle et Alain Fourny concluent la réunion :
Le débat n'est pas terminé. Il faut que l'échange continue. La lettre d'informations régulière, les compte-rendus des conseils municipaux existent. De même, les conseillers municipaux sont les relais du conseil.
Nous sommes à un carrefour important, il faut avancer, c'est un pari. N'hésitez pas, interrogez-nous. Il n'y a pas de secret, le débat doit continuer.