Ceillac, le 8 janvier 2003
Cher Laurent,
Nous avons souhaité examiner en Conseil Municipal le courrier que vous aviez adressé le 10 novembre au Maire, mais que seules quelques personnes avaient eu en copie.
Nous pensons inutile de vous dire combien, de façon unanime, le Conseil a été surpris par ce courrier. Cette surprise s'est manifestée principalement à deux niveaux :
- sur la forme tout d'abord : un courrier aussi important, et qui traduit incontestablement l'intérêt légitime que vous portez à l'avenir et aux enjeux de notre Commune, aurait mérité que vous preniez la peine de rencontrer préalablement l'un ou l'autre d'entre nous (nous sommes à votre disposition pour cela) et que vous vous informiez au minimum des échanges et des débats de la réunion municipale d'information qui s'est tenue à Ceillac le 21 octobre, soit trois semaines avant votre lettre.
En effet, ceci vous aurait permis d'éviter de poser des problèmes sur des sujets largement instruits ou d'écrire des propos hors sujet qui enlèvent pratiquement tout crédit à vos réflexions y compris celles qui mériteraient plus d'écoute : conseiller par exemple à la Commune de lancer un P.L.U. alors que l'un des participants à ce débat était justement l'architecte chargé de ce dossier choisi comme prioritaire et décidé dès le début de notre mandat, ne peut que nous laisser interrogatifs ! Même remarque pour le Plan de Prévention des Risques ou le Plan Neige Alpin largement évoqués tant dans nos courriers d'information. municipale qu'à cette réunion du 21 octobre.
D'autre part, était-il nécessaire de placer sur le site de Ceillac.com un écrit qui n'avait fait l'objet ni d'un échange préalable ni d'une recherche d'information sérieuse ? Ceci nous oblige à recourir à la même diffusion pour notre réponse.
- sur le fond ensuite : il est certain que le choix de reconstituer à Ceillac une capacité d'accueil qui s'est dégradée et de remettre en place un équipement en ski alpin qui a été complètement oublié pendant des décennies ne peuvent qu'entraîner, comme vous le dites d'ailleurs, l'adhésion des Ceillaquins.
Mais il ne faut pas, même pour les besoins d'une démonstration, "outrer" les choses à un point tel que la réalité s'en trouve totalement travestie et ne permette pas une analyse sereine des solutions à apporter à ces deux enjeux fondamentaux.
Pour la reconstitution de notre capacité d'accueil (celle que nous avions il y a 12 ans) vous n'ignorez pas les difficultés que connaissent actuellement des offres touristiques insuffisamment adaptées et qui touchent à Ceillac autant des structures hôtelières traditionnelles que des collectivités et des locations particulières. Il est vrai qu'il reste des terrains disponibles sur l'Ochette mais une implantation dans ce secteur poserait deux problèmes (évoqués largement le 21.10) : une réticence forte des propriétaires actuels à apporter leurs terrains à une opération de ce type et surtout la création d'un pôle de concurrence à l'offre actuelle. Au contraire, une implantation en secteur Mélézet (prévue d'ailleurs dès le POS de 1977 !) assurerait la mise en place d'une offre complémentaire, ce qui, en terme de marché, est indispensable pour Ceillac. Dans tous les cas, la création de 400 lits ne justifie en rien la dénomination de deuxième village pour ce projet touristique.
Pour les remontées mécaniques et le télésiège en particulier, nous avons largement évoqué le choix prioritaire d'un débrayable qui offre le double avantage de sécuriser l'accès enfants/débutants du domaine haut (qu'il faudra certainement comme vous le proposez d'ailleurs conforter, mais dans un deuxième temps) et d'offrir une accessibilité d'été à une clientèle nouvelle (familiale ou troisième âge) désireuse de découvrir un site authentiquement alpin qui pourra alors être préservé, par cet ascenseur, de tout accès sauvage motorisé.
Un appareil à pinces fixes est certes moins onéreux (mais pas dans la proportion que vous citez, et loin de là) mais représentait une vraie solution d'investissement il y a plus de 10 ans, lorsqu'a été suspendue l'exploitation de Bramousse. Ne recherchons pas pourquoi le dossier n'a pas été instruit à cette époque. Aujourd'hui, où les opportunités d'investissement se sont raréfiées, ne ratons pas le rendez-vous par un choix obsolète.
Voici en quelques mots, Cher Laurent, ce qu'il nous paraissait important de vous rapporter des réactions à votre lettre. Nous souhaitons, puisque celle-ci traduit aussi votre volonté de vous impliquer plus fortement dans les enjeux de notre commune, pouvoir échanger avec vous de façon plus complète et plus constructive, lors de vos séjours à Ceillac, à l'occasion de nos réunions, de nos conseils ou de nos permanences en Mairie où nous serons toujours heureux de vous accueillir.
Bien cordialement à vous.
Le Conseil Municipal