Jean-Sébastien Carle
12 grande rue de Vaise
69009 Lyon
tèl. 06.61.77.37.52

à Lyon, le 15 Mars 2004

à l'attention de
M. le Commissaire - Enquêteur


Objet : Enquête publique Plan de Prévention des Risques


Monsieur,


Suite à la mise à disposition, à la Mairie de Ceillac, des cartes constituant le Plan de Prévention des Risques de la commune, veuillez, s'il vous plait, trouver ci-dessous, mes observations et réflexions :

Ma famille est originaire de Ceillac et nous possédons une maison dans le vieux village. J'y passe toutes mes vacances et beaucoup de mes week-ends, en été comme en hiver. Ne pouvant analyser toutes les cartes, j'ai choisi de ne commenter que deux zones de risque: la première pour son importance pour l'avenir et le développement du village et la deuxième à titre d'exemple pour montrer ma perplexité par rapport aux résultats de l'étude menée par les services de l'État.


* Zone rouge R4: cette zone concerne tout le vieux village et serait menacée par des risques de crues et laves torrentielles. Une des règles de l'établissement du PPR est l'analyse des évènements passés et dans ce cas précis, les inondations de 1957 sont mises en avant. Si je n'ai pas vécu ces inondations, elles ont fait partie de beaucoup de récits de mon grand-père. Il mettait en évidence, bien sûr, les dégâts, seulement matériels, occasionnés par la sortie de son lit du torrent, mais aussi l'accumulation de circonstances aggravantes qui a conduit à ce sinistre. Ainsi, ce que j'ai retenu de ses témoignages me fait penser, qu'avec les travaux entrepris et les moyens d'intervention dont dispose la commune, ce risque a fortement diminué en 45 ans et est aujourd'hui sur estimé. J'ai le sentiment que le village de Ceillac est en train de pâtir des erreurs commises dans d'autres régions de la France et même à l'étranger.

* Zone rouge R19 : cette zone regroupe tous les hameaux de la vallée du Cristillan et les risques identifiés sont des coulées de matériaux, des glissements, des crues torrentielles et des avalanches. Lors de la consultation de la carte de cette zone, j'ai été très surpris de la conclusion de l'étude réalisée par les services de l'État. En effet, les hameaux sont classés en zone rouge, par un cercle qui englobe toutes les habitations figurant sur le cadastre. Je me pose la question de savoir si cette étude a réellement été effectuée ou si on a considéré comme zone à risque, les zones où des habitations ont déjà été construites. Je ne comprends pas la logique de cette démarche et considère que l'analyse n'a pas été faite dans le bon sens: analyse de la typologie des terrains, recoupement avec d'éventuels évènements passés, conclusion sur les risques. Cela reviendrait à ne pas considérer le bon sens et les réflexions de nos aînés que de désigner comme zone à risque, tous les lieux où justement ils se sont implantés.


Pour conclure, je précise qu'en aucun cas, je ne me permettrais de nier ou de sous estimer un risque naturel avéré qui mettrait en danger des personnes, mais je souhaite très vivement que l'avenir de Ceillac soit assuré dans de bonnes conditions et que le développement du village continue. La commune, par le biais du Conseil Municipal semble être prête à s'engager sur les travaux d'assainissement de la zone située au-dessus du village et en dessous des barrages, afin de ne pas augmenter, comme en 1957, les circonstances qui conduisent aux catastrophes.


En vous remerciant pour l'attention que vous porterez à cette lettre et au devenir du village de Ceillac, je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.