PLONGÉE SOUS GLACE

En haute montagne !

Attention, pour cet hiver 2006~2007, l'activité ne sera pas proposée...

 

Le centre AQUA-LOGIS vous propose :

  • une aventure exceptionnelle sous une épaisse couche de glace,
  • une forme de plongée mal connue mais ô combien passionnante,
  • des techniques particulières,

  • du matériel spécialement étudié pour lutter contre le froid (2 bouteilles, 2 détendeurs spéciaux, 1 vêtement étanche à volume variable, 1 sous-vêtement en polaire, éclairage et petit matériel),
  • un encadrement assuré par des spécialistes.

 

LE BAPTÊME (46 €)

Tout le monde peut le faire, même ceux qui n'ont jamais plongé. Il consiste à faire découvrir, non seulement, la plongée mais aussi un paysage magnifique autour du trou de glace.

Les techniciens d'Aqualogis ont mis au point une technique qui garantit une sécurité absolue.

 

LA PLONGEE TECHNIQUE ET D'EXPLORATION

Elle est réservée aux plongeurs qui justifient au moins du brevet élémentaire.

 

 

 

 

CONTACT

- AQUA-LOGIS ~ 05600 CEILLAC

(tel : 04 92 45 00 68 Portable : 06 65 52 73 83)

- Site web : www.aqualogis.com

- Pour écrire à Aqua-logis ...

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MARINE, élève de CM1, raconte sa propre expérience ...

La plongée sous glace

L'hiver j'habite à Ceillac, un petit village dans les Hautes Alpes. Mes parents sont moniteurs de ski. A part le ski, on peut faire d'autre activités : du parapente, des randonnées et ... de la plongée sous glace. L'hiver dernier j'ai pu y participer.

La plongée sous glace est un peu différente de la plongée en mer. Déjà, on plonge dans un lac de montagne où l'eau est très froide (4 degrés c°) et en plus, elle gèle à la surface.

D'abord, on prend le téléski de la piste bleue et on monte avec nos skis un peu plus haut. Une fois arrivé, on enlève notre veste et notre pantalon de ski et on met une fourrure polaire entière avec, par dessus, une combinaison étanche. On laisse nos skis et on descend à pied vers le lac Sainte Anne.

Les gens de la plongée cassent la couche de glace qui s'est formée pendant la nuit, il y a au moins 3 centimètres. Mais en fait, au début de la saison ils étaient déjà allés faire le trou (la couche de glace sur le lac atteint au moins 1 mètre).

On se prépare au bord en mettant les gants de plongée, les palmes, le masque et on nous fait asseoir au bord du trou. Philippe commence à plonger et nous attend. Gilbert nous explique les gestes pour dire si ça va ou pas et il nous apprend comment il faut respirer avec le détendeur et les bouteilles. Maintenant, c'est Gilles qui va dans l'eau et m'attend. Il me fait descendre sous l'eau en me tenant. On reste le long de la corde ; on voit des bulles des bouteilles qui forment de toute petites grottes dans la glace.

Comme il fait très beau, le rayon du soleil passe dans le trou et ça fait un grand trait de lumière dans l'eau. Quand on regarde sous la glace, c'est très beau. Par contre, un peu plus loin du trou, c'est tout noir. Après avoir tout regardé, j'ai aussi vu une truite. On a un peu froid aux mains et autour de la bouche, alors on remonte et la plongée est terminée. Il paraît que ça dure 10-15 minutes ; on dirait que c'est plus court.

Pour se diriger, sous le lac il faut mettre une corde qui part du trou et qui va où on veut ; ils accrochent la corde avec des pitons ou des broches, comme les alpinistes. Ces cordes s'appellent des fils d'Ariane et ça empêche les gens de se perdre sinon ...

Ce que j'ai fait s'appelle un baptême de plongée mais les moniteurs du lac font aussi faire des stages pour les professionnels. Par exemple, ils apprennent aux pompiers plongeurs à se diriger sous le lac pour leur apprendre à sauver des gens au cas où il y aurait des blessés dans une grotte avec un lac.

En mer, j'ai aussi plongé deux fois ; la différence entre les deux, c'est qu'en mer, il fait moins froid. Comme on est en maillot de bain, on fait nos mouvements nous-mêmes et on peut se déplacer tout seul... Sous la glace, comme la combinaison est gonflée d'air, c'est le moniteur qui la dégonfle ou la gonfle pour monter ou descendre et on ne peut pas bouger (sauf les professionnels). En mer, le paysage est plus varié, sous la glace, les algues ne peuvent pas pousser parce qu'il fait trop froid et qu'il fait noir, i1 n'y a que les truites et encore elles sont à moitié endormies à cause du froid qui les engourdit. Mais en tout cas, quand on est sous la glace c'est très beau et c'est sûr, je recommencerai l'hiver prochain...

 

 

ARTICLE du DAUPHINÉ LIBÉRÉ du 5/3/04

Depuis 1989, il est possible de plonger sous la glace dans le lac Sainte Anne à 2408 m d'altitude.

Pour y accéder, il vous faudra, chose originale pour une plongée, chausser vos skis ! Le lac saint-Anne, profond d'une quinzaine de mètres, est en effet situé tout en haut du domaine skiable de Ceillac. Mais les non skieurs pourront aussi y accéder en prenant le télésiège et en finissant à pied.

Une fois arrivé à proximité du lac, dans un caisson spécialement aménagé pour l'occasion, vous troquerez votre tenue de skieur pour celle de plongeur. Et c'est chaudement emmitouflé dans des sous vêtements en polaire et une combinaison étanche, que les moniteurs de l'association Aqualogis vous expliqueront toutes les consignes à connaître pour une plongée sous glace.

Car la plongée sous la glace s'apparente beaucoup plus à la plongée spéléo ou professionnelle qu'à la plongée classique. Mais, vous êtes entre les mains d'expert : Philippe Cagan et Gilles Kichenin sont des plongeurs professionnels et Philippe a d'ailleurs été conseiller technique lors du film Atlantis de Luc Besson. Ils ont été le premier club en France à proposer cette activité et sont habitués à encadrer baptêmes et stages de formation auprès de pompiers et moniteurs.

Le trou creusé dans la glace d'un mètre d'épaisseur s'est déjà rebouché depuis la veille et c'est à la tronçonneuse que la glace fraîche sera découpée afin de libérer le passage pour les plongeurs. Passé les premiers essais avec les détendeurs, c'est un dépaysement total qui vous attend quelques mètres sous la glace, dans une eau qui avoisine les trois degrés. Un paysage lunaire peuplé de truites intriguées par ce curieux manège de plongeurs et de cathédrales creusées sous la glace par les bulles d'air. Dans l'eau, la lumière du soleil est décomposée comme dans un prisme, proposant un superbe dégradé de bleus. Un spectacle fabuleux où les bulles d'air des plongeurs restent prisonnières sous la glace comme des bulles de mercure.

Au bout d'une quinzaine de minutes, guidé par l'une des nombreuses lignes de vie installée sous l'eau, vous remonterez vers la surface. C'est le moment où vous réaliserez que la combinaison a vraiment fait son effet et que loin de vous être transformé en glaçon, vous n'avez pas eu la sensation d'avoir froid.

Pour plonger sous la glace, nul n'est besoin d'avoir déjà, pratiqué la plongée et l'activité qui se pratique par petits groupes de quatre ou cinq personnes est parfaitement accessible aux non plongeurs. Les plongeurs plus expérimentés pourront descendre quelques mètres plus bas et ils sont quelques irréductibles à revenir régulièrement passer leurs vacances à Ceillac goûter à l'univers envoûtant de l'eau, de la lumière et de la glace.

 

Conseils pratiques :

- La station de Ceillac se trouve dans le Parc naturel régional du Queyras.
- La plongée sous glace est possible tant que les remontées mécaniques fonctionnent, soit de mi décembre à début avril.
- Compter une demi journée pour une plongée.
- Le prix d'une plongée est de 46 E (le prix comprend. 1'encadrement. et tout le matériel de plongée). Cette activité est accessible aux enfants à partir de 12 ans. Pour des raisons de sécurité, la plongée ne s'effectue que par temps dégagé.

Pour tous renseignements, contacter l'association Aqualogis au 04 92 45 00 68.

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ARTICLE de LIBÉRATION du 29/2/2004 : Ceillac (Hautes Alpes) envoyé spécial

A 2500 mètres d'altitude, sous la calotte gelée du lac Sainte Anne, deux passionnés encadrent des plongées dans une lumière fascinante.

Dernier coup d'oeil aux montagnes: un cirque abrupt, couvert de neige, couronne le lac gelé. Drôle de plage. Culminant à 3 300 mètres, le pic de la Font Sancte domine la ligne de crête. Le soleil est éclatant, le fond de l'air frisquet et la condensation embue le masque. Pas question pourtant de se jeter à l'eau insouciant. Une plongée sous glace, en altitude, exige une planification rigoureuse. Guide vigilant, Gilles Kichenin égrène sa liste de contrôles. D'abord la combinaison, large vêtement de toile hydrofuge, fermé aux épaules par une épaisse fermeture éclair enduite de silicone, qui vous donne un air d'inspecteur des Nations unies en quête d'armes chimiques. Le vêtement doit impérativement rester étanche pour assurer l'isolation et la flottabilité. Sur le coeur, une valve, reliée par un flexible aux bouteilles d'air comprimé, permet de le gonfler comme une bouée. Une purge, sur le bras gauche, permet de le vider comme un ballast de sous marin. Ides manchons et une collerette de latex scellent les extrémités. Mains tendues, jambes fléchies: ébauche de danse des canards pour s'assurer qu'il n'y a pas de fuite.

 

Une pesée pour les morses

Rassuré, on passe aux deux blocs en acier de douze litres. Réserve d'air conséquente. Pour parer à toute panne, chaque bonbonne a été équipée de doubles détendeurs traités contre le givre. Examen de la robinetterie, essais de respiration. Débute une laborieuse reptation sur le sérac, palmes aux pieds, vers le rectangle ouvert à la tronçonneuse dans l'épaisse couche de glace qui couvre le lac Sainte-Anne. Engoncé dans sa panoplie de bibendum, lesté par une lourde ceinture de plomb, bouteilles sur le dos. le plongeur, souffle court, ne peut s'empècher une petite pensée pour les morses de l'Arctique.

Gilles barbote patiemment. Porté par sa tenue, il flotte à la surface sans plus d'effort que dans son bain détendu et souriant. La température de l'eau flirte avec le zéro. "2° Celsius" corrige-t-il, en guise d'encouragement. A son signal: inspiration, bascule. Le froid griffe le visage, durcit les lèvres, rougit les pommettes laissées sans protection par la cagoule en Néoprène. Gifle vivifiante qui chez les garçons, déclenche l'effet rétrécissant de la pub Stimorol. Mais en dépit de cet outrage relatif, la combinaison étanche se révèle étonnamment efficace confortable même bien que d'un maniement malaisé. Une purge trop franche et l'on coule comme une enclume. Trop gonflée, et l'on remonte comme un bouchon. Il faut plusieurs tentatives avant de trouver une relative stabilité.


Au coeur d'une cathédrale de lumière

Gilles prend en main les opérations, s'arrime fermement au harnais de son élève, les yeux vissés dans son regard. Petite descente vers les cinq. mètres, histoire d'admirer le lac dans son ensemble. Il dirige la manoeuvre d'un geste sûr et lent, toujours à portée du filin de rappel fixé à la surface. Trait argenté piqué de noir, une truite curieuse vient parfois s'installer en suspension face au masque, ondulant des nageoires, avant de disparaître sur un brusque coup de queue.

Sous la coupole givrée se cache une merveille. Un espace limpide où se mêlent sans frontière apparente, le minéral et le liquide, sorte de cathédrale naturelle qu'illumine, jusque dans ses profondeurs, un faisceau scintillant tombant du trou creusé dans le névé. Autour de ce puits de clarté dans lequel se glissent les plongeurs, des blocs de neige en suspension, des éclats de glace à la dérive des nappes d'air prisonnières réfléchissent les rayons du soleil. Véritable piège de lumière. Au fond, vers les quinze mètres, un rocher tabulaire posé sur le limon. Au plafond, les failles dans la glace luisent d'une phosphorescence bleutée. Les bulles d'air qui s'échappent des détendeurs courent sous la surface lisse semblables à des précipités de mercure et se regroupent par capillarité pour former de larges nappes. Gilles achève l'immersion sous cet immense miroir gris sombre où l'on s'amuse à troubler de la main son reflet inverse. La plongée dure entre quinze et trente cinq minutes mais le temps semble suspendu. Tant que le froid ne traverse par les moufles...

 

Rien une immersion banale

Retour à l'air libre béat, bouleversé à en oublier de se désharnacher. Personne n'est indifférent, chacun y va de son commentaire, raille ses peurs, bafouille d'émotion. Moniteurs confirmés ou béotiens, tous ont découvert un secret habituellement réservé à quelques enragés. "Pour vous, le but du jeu aujourd'hui, c'est de regarder et de respirer, a prévenu Gilles lors du briefing. Restez le plus zen possible. Inspirations amples. Gestes lents. Ne pensez qu'à vous. Tout se jouera dans la tête." Car, l'évolution en altitude, sous plafond dans le froid, n'a rien d'une immersion banale La pose d'un mousqueton pour y passer une ligne de vie exercice qui consiste à visser dans la calotte gelée une tige filetée en titane se transforme vite en lutte farouche contre l'essoufflement et la noyade. Scaphandriers professionnels, habitués aux efforts prolongés en profondeur Gilles Kichenin et son compère, Philippe Kagan, peuvent fixer une douzaine de broches en moins d'une demi heure.

Au début des années 90, Luc Besson réalise le Grand Bleu et veut tourner une scène d'apnée dans un lac d'altitude en Amérique Latine.La technique de prise de vue sous marine dans des conditions aussi hostiles est alors balbutiante. Mais les plongeurs du film connaissent Philippe Kagan de réputation. Leurs équipes s'entraînent à Sainte Anne où sont mis au point les caméras .et leurs caissons étanches. Quelques années après, nouveau défi de Besson: pour Atlantis, il veut filmer des bélugas nageant sous la banquise. Philippe fait le voyage à Arctic Bay au Groenland et sert de guide aux cameramen. Certainement l'exploration la plus risquée pour un scaphandrier. Si on choisit mal son emplacement de départ, explique Gilles, la glace peut bouger et obstruer le trou."

C'est en 1985, au cours d'une campagne d'études menée par le CNRS que Philippe Kagan tombe sur le lac Sainte Anne. Les chercheurs étudient les espèces capables de survivre dans les plans d'eau d'altitude et se livrent à des observations sur la résistance au froid chez l'homme. Gilles alors adolescent suit partout son mentor vêtu d'une fine combinaison en Néoprène. "A l'époque, les vêtements secs à volume variable n'existaient pas. Nous portions les combis peau de requin de Cousteau, noires avec une bande jaune. Quand nous sortions, il fallait quelqu'un pour nous déshabiller à toute vitesse avant que ça ne gèle."

 

L'hiver face aux chamois

Les deux précurseurs s'entichent de Sainte-Anne, "Pour la beauté du site, la qualité de l'eau". Etape de transhumance le lac marque la jonction entre deux sentiers de randonnées mythiques: le GR 58 tour du parc naturel du Queyras, et le GR 5, la traversée des Alpes du lac Léman à Menton. De janvier à la mi avril, trois télésièges montent jusque là. Des pistes de ski entre de vieux chalets d'estive permettent de rejoindre la vallée en une longue virée dans les bois de mélèzes. Au printemps, les troupeaux pâturent à Sainte Anne et les villageois de Ceillac continuent à vouer un culte à la Dame du lac qui, lors d'une débâcle aurait sauvé deux jeunes bergers. Chaque 26 juillet, en pèlerinage, une procession se rend a la chapelle.

Aqualogis, l'association fondée en 1989 par Gilles et Philippe, est le premier club français, saisonnier spécialisé dans la plongée sous lace. Chaque hiver, ils oublient la pose de câbles transatlantiques, les interventions en bassin de centrale nucléaire, les travaux au chalumeau dans une turbine de barrage électrique et prennent leurs quartiers sur les bords du lac dans un abri sous la chapelle Sainte-Anne, et plongent par plaisir, en observant les chamois. "Notre idée était de combiner notre amour pour la plongée avec celui de la montagne, explique Gilles. Ici on vient à ski ou en raquettes. Les conditions météo sont parfois difficiles. Ceux qui viennent sont véritablement motivés. Et ils découvrent des sensations un élément, des images qu'ils n'auraient jamais pu trouver ailleurs."

DIDIER FRANÇOIS photos JEAN MARC BLACHE et DAVID WOLOZAN