ARTICLES DE PRESSE
DAUPHINE LIBERE ~ 1988 : FOIRE DE LA ST-MICHEL : L'élevage en danger
Si la septième foire aux moutons de la Saint-Michel, qui s'est déroulée à Ceillac le 28 septembre, a consacré cette manifestation agricole comme le premier marché aux ovins du département, le niveau et le nombre des transactions qui s'y sont effectuées doivent être ressentis comme une sonnette d'alarme. 845 animaux étaient offerts à la vente, provenant de Ceillac, de Saint-Véran, de Souliers et de Cervières.Tôt le matin, les 72 brebis de réforme ont été négociées à bas prix. Les 283 agneaux mâles ont presque tous trouvé acquéreur mais à des prix inférieurs à ceux de l'an dernier, eux-mêmes inférieurs à ceux des années précédentes. Un négociant reconnaissait lui-même qu'après avoir acheté des agneaux sur la base de 28 F. le kilo de carcasse les années précédentes, il les payait 23 F. en 1987. Les ménagères n'y comprendront rien en consultant les étiquettes et les producteurs eux-mêmes en restent stupéfaits lorsqu'ils savent que le marché intérieur du pays est largement déficitaires en viande de mouton. Les 488 agnelles de race commune n'ont pas toutes été vendues en dépit d'une qualité dont, attestent les résultats du concours organisé par les techniciens de la Chambre d'Agriculture attachés au service départemental d'élevage. Celles qui' l'ont été, ont vu leur prix varier de 450 F. à un peu plus de 600 F, c'est-à-dire au niveau de l'an dernier.
Autour de M. Reynaud, maire de Ceillac, on notait la présence de ,Mme Christiane Barret, sous-préfet de Briançon; de MM. Dijoud, Chappa, président de la Commission Agriculture du Conseil Général, Domeny, conseiller général et président du S.I.V.O.M. de Guillestre, Siméon Michel, président du S.I.V.O.M. du Queyras, Cillier, conseiller du président de l'Assemblée Nationale, Gelly, représentant le directeur départemental de l'Agriculture, Devars, président de l'Etablissement départemental d'élevage, Roubaud, président de la Caisse locale de Crédit Agricole et leurs collaborateurs, Gauthier, président des Amis de Ceillac, Grossan, directeur du Parc du Queyras, etc...
S'ils ont été touchés par la présence sur le champ de foire de ces nombreuses personnalités, les agriculteurs et particulièrement les jeunes n'ont pas manqué d'attirer l'attention des fonctionnaires et des élus sur la précarité de leur situation et les risques qu'elle fait courir à l'économie de la haute montagne qui mérite des solutions très spécifiques, prenant en compte les facteurs humain et social de cette agriculture ainsi que son indispensable présence pour la protection de l'environnement.
DAUPHINE LIBERE du 8/07/89 : Situation de l'agriculture à Ceillac
Au terme d'un mois d'enquêtes et d'études auprès des éleveurs locaux, des administrations et des services départementaux de l'agriculture, Nathalie Moulian et Emmanuel Wormser ont présenté les résultats de leurs travaux au cours d'une réunion très conviviale rassemblant les éleveurs, les représentants de la municipalité et les personnes intéressées par le devenir de l'agriculture à Ceillac.Avec la concision et la simplicité d'ex-pression de ceux qui maîtrisent bien leur sujet Nathalie et Emmanuel ont réussi avec beaucoup d'humour à faire passer un constat parfois incisif des pratiques de culture et d'élevage qui doivent être profondément modifiées si l'agriculture
veut survivre à Ceillac pour le plus grand bien de l'économie touristique de la sta-tion. Devant un auditoire très attentif et apparemment réceptif à leurs proposi-tions, les jeunes élèves ingénieurs de l'institut agronomique de Paris-Grignon ont esquissé le portrait type de l'exploita-tion agricole de Ceillac.
Elle couvre 19,3 ha mais les locations ne sont que verbales. Aux prairies naturelles, rarement retournées, sur lesquelles le fumier ou les engrais sont répandus sans connaissance préalable des besoins du sol, s'ajoutent 2 ha de prairies artificielles fragiles et 1,4 ha d'orge dont l'absence de rotation réduit le rendement.
Le cheptel moyen est de 81 brebis mères par exploitation, dont les résultats techniques sont difficiles à déterminer faute d'informations précises, les éleveurs de la région. Les bergeries sont anciennes et leur entretien difficile. Elles sont par ailleurs saturées. La création de bergeries fonctionnelles dans une zone adaptée à cet usage permettrait seule la nécessaire augmentation du troupeau.
L'irrigation par aspersion, même en période de sécheresse, est sous utilisée et la fenaison à date fixe, sans considération climatiques ou météorologiques, peut influer sur la richesse des fourrages.
Pour répondre aux interrogations qu'ils se posent, les éleveurs disposent de services qu'ils sollicitent trop peu: les techniciens de l'établissement départemental d'élevage des services vétérinaires, de la chambre d'agriculture, de la direction départementale de l'agriculture et de la forêt sont les interlocuteurs attentifs des agriculteurs.
Outre le document de synthèse qui leur a été remis, les agriculteurs pourront prochainement consulter en mairie le rapport complet d'étude de Nathalie et Emmanuel. Ils y trouveront des propositions intéressantes pour la survie de leur activité et de leur profession, fût-ce au prix du sacrifice de quelques traditions sur l'autel de l'actualité sinon de la modernité.
Il reste que Nathalie Moulian et Emmanuel Wormser, dont la promotion au grade d'ingénieur ne fait aucun doute viennent de poser une série de jalons sur le devenir possible de l'agriculture à, Ceillac.
DAUPHINE LIBERE du 13/09/89 : GROS PLAN SUR L'AVENIR
Hier, étaient réunis à Ceillac les membres du Comité de coordination des centres de vacances du tourisme associatif des Hautes-Alpes, afin de faire le point sur les saisons passées et à venir
Ils étaient une bonne trentaine, dirigeants de Villages vacances, auberges de jeunesse etc., à avoir répondu présent à l'appel lancé par Yannick Gallien, président du CCCVTS. Au cours de cette assemblée générale furent soulevés de nombreux problèmes, et le cruel manque de neige de l'hiver dernier eut lui aussi sa place.
Diverses personnalités assistaient à la réunion, directement concernées: Antoine Reynaud, maire de Ceillac; Nathalie Jacob, attachée parlementaire de Patrick Ollier; Henry Pons, directeur du CDT; Claude Miquerol, responsable des auberges de jeunesse de la région PACA; Jacques Reguis, directeur d'un village de vacances à Villeneuve et enfin Antoine Fournier, directeur du superbe village vacances de Ceillac.
Halte au prêt-à-penser
Une des préoccupations majeures des dirigeants du CCCVTS est d'arriver à implanter dans les consciences que le tourisme associatif et le tourisme privé, ne sont en fait guère différents. Mieux, qu'ils sont complémentaires l'un à l'autre. Pour Yannick Gallien, "C'est un style de vacances bien particulier tout simplement. De plus en plus, un public de sportifs se dirige vers les structures dites familiales ".Le problème ? C'est que depuis longtemps, une étiquette qui lui va mal et dont il a beaucoup de peine à se séparer, a été collé dans le dos du tourisme associatif. Dans l'esprit de certains, il représente le tourisme du pauvre. Le tourisme de gauche.
Or, s'il est vrai que certains organismes ne cachent pas leur appartenance à la gauche, il ne faut pas généraliser. Dans les villages vacances, on voit de tout et c'est bien mieux comme ça, Quant à dire qu'il s'agit du tourisme du pauvre, c'est sans doute aller un peu loin
Car en effet ce n'est qu'un choix de mode de vacances et rien de plus. S'il a le double avantage de rester accessible à toutes les bourses et de permettre à des gens de partir en famille, on ne peut pas l'en blâmer. Loin de là. Reste à savoir qui on classe dans la catégorie pauvre.
Ô Neige, reine éternelle
Vous vous en doutez le manque de neige de l'hiver dernier a lui aussi été à l'honneur. S'il a permis, à certains de découvrir la montagne sans neige, et les activités qui se sont crées autour, il n'en a pas moins causé un énorme manque à gagner pour les saisonniers. Et comme si cela ne suffisait pas, le tourisme associatif a été exclu des mesures d'aides et de compensations qui ont été accordées aux privés.La raison qui a été invoquée, était que ce secteur touristique bénéficie de subventions. Pourtant là encore, il ne faut pas généraliser, car ce n'est pas le cas pour tout le monde Mais, les dirigeants du CCCVTS comptent traiter de ce problème avec Alain Bayrou. Affaire à suivre donc.
Seule certitude: on ne pourra pas faire face longtemps aux caprices du temps. L'hiver, les gens viennent à la montagne pour le ski uniquement même si certains palliatifs ont été trouvés cette année. La neige est en concurrence avec le soleil des îles, il ne faut pas croire qu'à moyen terme; on pourra faire venir des gens à la montagne l'hiver pour autre chose que le ski. Ce serait se leurrer ".
Nouvelle vague
Mais heureusement, le tourisme as-sociatif dispose de nombreuses autres ressources, En ce qui concerne le secteur qui touche plus particulièrement les jeunes, les stages mono-activités ont laissé la place aux stages pluri-activités, voire même à la carte. Comme l'expliqua Jacques Reguis " Nous ne vendons plus seulement de l'accueil strict Nous vendons un produit. De plus en plus d'activités sont intégrées soit directement en faisant appel à des professionnels soit par sous-traitance.Dans certains nous sommes devenus des vecteurs de promotion pour quelques nouvelles activités et professions."
Et on pourrait même élargir ce côté promotionnel, puisqu'une chose est sûre, c'est que le tourisme associatif ne choisit pas toujours la facilité. On peut pour ceci prendre l'exemple de Lagrand, village qui allait vers une fin certaine, et qui a survécu grâce aux structures qui y ont été implantées.
Imaginez un peu ce que cela représente pour le département: près de 150 structures, une capacité d'accueil de 13 500 lits, sans compter les colonies de vacances, 1200 saisonniers employés chaque année etc. Bref, une véritable source de revenus pour le département mais surtout un interlocuteur économique de taille, qu'il ne faut surtout pas négliger.
D'après certaines estimations, un client moyen laisse environ 100 francs par jour l'été et 200 francs l'hiver aux commerçants. Si on fait le calcul, il est loin d'être inintéressant.
Alors attention, l'Europe c'est pour bientôt, et les étrangers n'iront pas forcément vers les privés qui parfois, confondent les Hautes-Alpes et l'Amérique, et ne sourient qu'au percepteur.
LE MONDE : Mort de Philippe Lamour
Un nouveau type d'homme
Un nouveau type d'homme qui travaille dans le concret au ras du sol. Il faut qu'il se passe quelque chose sur le terrain, qu'on modifie la vie de tous les hommes, leur vie de tous les jours.. "On ne peut pas dire que jean Monnet, alors commissaire au Plan, n'ait pas pris l'exacte mesure de la personnalité de Philippe Lamour lorsque, au début des années 50, il lui a tenu ce discours. Ni que son destinataire, à l'époque secrétaire général de la toute jeune Confédération générale de l'agriculture, et qui vient de mourir après quatre-vingt-neuf ans d'une vie remplie à ras bord, n'ait pas suivi à la lettre le conseil du père de l'Europe unie. Compagnie nationale du Bas-Rhône-Languedoc, conseil économique et social de Languedoc-Roussillon, commission nationale d'aménagement du territoire, Fondation du Crédit agricole, Comité des experts de la FAO, Conseil supérieur de la construction, Parc Régional du Queyras, Association nationale pour le développement de l'aménagement foncier, agricole et rural, et le comble, pour lui qui était viticulteur dans le Gard, commission de contrôle des grands crus du Bordelais, on ne compte pas les organismes qu'il a présidés, ce qui signifiait toujours, dans son cas, vigoureusement animés. Le riz de Camargue, la liaison Rhin-Rhône, l'irrigation de dizaines de mi1liers d'hectares où ne poussait depuis la nuit des temps qu'une bien médiocre vigne : on n'en finirait pas d'énumérer les réalisations qui ont transformé le pays et qui portent sa marque. En revanche il n'a jamais été député, après, il y a bien longtemps, une tentative malheureuse, ni ministre. Seulement, pendant vingt ans, maire de la commune de Ceillac, dans les Hautes-Alpes.
Qu'on ait fait si souvent appel à lui dit à la fois sa compétence et sa disponibilité. Elles auront fait de Philippe Lamour un expert reconnu sur la terre entière en matière d'aménagement et qui ne s'est pas fait faute d'exprimer ses vues, notamment sur le tiers monde. Mais ce fils du Nord conquis par le Midi, qui avait appris à lire à trois ans, avait bien d'autres cordes à son arc, et avait fait bien d'autres expériences, qu'il a racontées avec autant d'humour que de talent dans son Cadran solaire.
Devenu, très jeune, journaliste, puis avocat, passionné de politique, hésitant au début entre tous ceux qui, de Lénine à Mussolini, promettaient une société autre, il milita un moment aux côtés de Georges Valois, personnage plutôt étrange, dissident d'Action Française aujourd'hui bien oublié et fondateur d'un éphémère "faisceau français". Plus tard, il créera avec Le Corbusier, Dufy, Fernand Léger, René Clair, bien d'autres encore, la revue Plans, qui ambitionnait de réaliser une synthèse des connaissances et de l'expression artistique. Il écrira plusieurs romans avec Cayatte, plaidera dans plusieurs grands procès, notamment dans les affaires Seznec et Stavisky, dénoncera vigoureusement et très tôt le péril nazi, avant de se retrouver correspondant de guerre en Espagne du côté républicain.
C'est après sa démobilisation, en 1940, que cet enfant de la campagne flamande redécouvre sa vocation de terrien, en s'occupant de l'exploitation et de la remise en état d'une propriété appartenant à son confrère du palais, Raymond Hubert, puis en achetant dans le Gard ce mas de la Perdrix qui était demeuré, depuis, son port d'attache, "le foyer, comme il l'a dit lui-même. où s'est fixée sa famille errante. La porte en était toujours ouverte et un écriteau précisait, pour ceux qui auraient eu peur d'entrer, qu'il y avait là un chien gentil.. " A mille lieues des images d'Epinal, ses Mémoires consacrent aux années qu'il y a passées pendant I'occupation et à la Libération un chapitre d'une honnêteté et d'une justesse qui suffisent à en conseiller la lecture.
Cette longue existence, et si remplie, aura mis Philippe Lamourr au contact de tout et de tous, des plus humbles aux plus célèbres. Bâti à chaux et à sable, généreux, encore qu'abrupt à l'occasion, infatigable, l'esprit d'une vivacité et d'un humour toujours en éveil, débordant d'idées et d'anecdotes, amoureux de la nature et des êtres, ne se laissant intimider par rien ni par personne, il aimait la vie, qui le lui rendait bien, au point de s'identifier à elle. L'espèce est devenue rare, de ces hommes d'action, capables de s'émerveiller d'un sourire, d'un rayon de soleil, d'un rien... Dieu sait pourtant si on en aurait encore bien besoin...
ANDRÉ FONTAINE
[Né le 12 février 1903 à Landrecies (Nord), Philippe Lamour était licencié en droit. Il commence sa carrière comme journaliste et avocat, puis est secrétaire général de la Confédération générale de l'agriculture entre J947 et 1954. Membre du Conseil économique de 1945 à 1953, il est président de la Compagnie d'aménagement du Bas-Rhône Languedoc depuis 1955. Il a été membre pendant plusieurs années du Conseil national du crédit et de la Commission nationale de l'aménagement du territoire. De1965 à 1983, il préside le syndicat intercommunal de la région du Queyras et est maire de Ceillac (Hautes-Alpes). De 1974 à juin 1992, il fut président du Comité économique et social de la région Languedoc-Roussillon. Il présidait aussi l'Association nationale pour le développement de l'aménagement foncier, agricole et rural. Il a écrit plusieurs ouvrages dont 60 millions de Français (1967), le Cadran solaire (1979), les quatre vérités (1981).]
DAUPHINE LIBERE du 25/03/95 : Rénovation du V.V.F.
Le V.V.F. du Queyras vient de faire l'objet de rénovations pour un coût de 12 millions de francs. Une bonne opération pour la commune dont l'essentiel des ressources provient des vacanciers.
Les travaux de rénovation du village vacances familles (V.V.F.) de l'Hochette, viennent d'être inaugurés dernièrement par Edmond Maire, président national du groupe V.V.F., Dominique Marcot, secrétaire en chef de la sous-préfecture de Briançon, Alain Bayrou, vice-président du conseil régional, le conseiller général Gilbert Domeny, et bien sûr le maire de Ceillac, Antoine Reynaud. De nombreux décideurs, locaux et professionnels du tourisme dont le directeur du village vacances Antonin Fournier, participaient également à cette inauguration, à l'issue de laquelle ils ont pu découvrir les nouveaux locaux.
Construit dans les années 1970 et 1971, le village vacances de Ceillac, propriété de la commune, est géré par le groupe V.V.F. depuis la fin de l'année 1990. Cette gestion avait été d'ailleurs officialisée par une convention, au terme de laquelle le groupe présidé par Edmond Maire s'engageait à réaménager toute la structure, vieille alors de 20 ans. Ce dossier avait reçu toute l'attention du préfet et du sous-préfet de l'époque, Claude Guéant et Frédéric Dohet.
Depuis V.V.F. du Queyras a subi une cure de jeunesse d'un coût de 12 millions de francs. Les travaux de rénovation ont ainsi été subventionnés d'une part par l'Etat (600.000 F. au titre de la 2ème part de la dotation globale d'équipement), d'autre part par la Région (en tout 790.000 F), et enfin par l'Europe au titre du F.E.D.E.R. Ces fonds européens ont pu être recueillis, grâce au Conseil général qui avait donné préalablement son aval au projet de réaménagement du village vacances.
Un atout essentiel pour l'économie locale
Doté d'une capacité d'environ 300 lits et 72 appartements, le V.V.F. de Ceillac a donc bénéficié de ces rénovations en quatre phases. La première opération s'est déroulée très rapidement, à la fin de l'année 1991, avec des travaux au niveau de la chaufferie et le remplacement des chaudières. En automne 1992, trois appartements témoins ont été rénovés. Par ailleurs, les ascenseurs et le monte-charge ont été mis en conformité. Au printemps de l'année suivante a débuté la rénovation des locaux communs du bâtiment central, à savoir le rez-de-chaussée et le hall d'accueil, les salles de jeux, de télévision et de spectacle, le bar, le restaurant, les locaux enfants et la nursery, sans oublier les bureaux de l'administration et les réserves. Enfin, dès l'automne 1993, ce sont les 69 appartements pour l'hébergement des vacanciers qui ont été rénovés. A cela se sont ajouté des travaux réalisés par la commune, en ce qui concerne la sécurité extérieure, avec la rénovation de la route et la création d'un parking.On, comprend parfaitement que la rénovation du V.V.F. était primordiale pour l'économie locale et pour le petit village queyrassin. Une étude réalisée par l'association nationale des collectivités locales pour les villages vacances familles met en avant le fait qu'une famille de quatre personnes part, pour un séjour de 12 à 13 jours, avec un budget moyen de 9290 F, dépensé à 85 % dans un rayon de 20 km autour du lieu de villégiature. D'une façon générale, chaque vacancier dépense ainsi 91 F par jour et par personne qui sont directement injectés dans l'économie locale.
La seconde jeunesse du V.V.F. de l'Hochette devrait donc coïncider avec un second souffle pour la commune d'Antoine Reynaud, salué par tous au cours de la cérémonie d'inauguration comme le digne successeur de Philippe Lamour.
DAUPHINE LIBERE du 10/03/93 : L'objectif touristique est de faire de la commune "'un village au service des enfants"
En présence des M. Dohet, sous-préfet de Briançon, de M. Gilbert Domeny, vice-président du conseil Général, de M. Michel, président du district du Queyras, de nombreux représentants des administrations et services départementaux, Antoine Reynaud maire, et la municipalité ont présenté récemment ce qui pourrait être, pour les dix années à venir, le "plan directeur de développement de la commune", encore appelé "projet de station".Au terme de plusieurs mois d'analyse et de prospective conduits avec le souci constant d'inscrire l'action communale dans le cadre de l'intercommunalité, Vincent Biays a présenté ce travail qui fait l'objet d'une exposition à la mairie. Ce projet qui sera encore affiné dans les mois à venir se fixe trois objectifs principaux :
- développer la station sur le thème "un village au service des enfants"- développer l'image authentique de la station en valorisant le patrimoine
- restructurer l'organisation touristique afin d'atteindre une gestion performante.
Les enquêtes fiables disponibles montrent que la clientèle est et restera familiale et que les adolescents y représentent près de 30 % en hiver.
Or, le village manque de structures d'accueil et d'équipements susceptibles de "décharger" les parents désireux de s'adonner sans contraintes aux activités sportives, voire d'aller dîner au restaurant. Pour satisfaire cet objectif, quatre créations sont avancées : une "Maison de l'enfant", un terrain d'aventure, un service "nursery", un itinéraire de découverte du village.
Cette volonté de valorisation du patrimoine exige l'adoption d'une politique, ambitieuse et contraignante de l'urbanisme qui doit se concrétiser par l'adoption d'un nouveau Plan d'occupation des sols.
Le programme de mise en valeur du village sera poursuivi (maison Chabrand). L'intégration paysagère des lotissements résidentiels et de la zone d'activités de la Viste seront entreprises. Pour l'accueil des jeunes ménages, des logements pourraient être aménagés dans des bâtiments ou sur des terrains communaux, et pour satisfaire dès maintenant à des besoins exprimés, une zone agricole devra être créée.
La réhabilitation et l'aménagement du fond de Chaurionde, la protection du bois des Jalavez, l'épuration des eaux viennent compléter la série des actions préconisées pour que la réalité colle bien à l'image que la commune de Ceillac a choisi de se donner depuis plus de 25 ans.
Un volet de cette étude concerne la restructuration de l'organisation touristique, de la gestion financière et technique du domaine de ski alpin, le maintien à un bon niveau du réseau de sentiers de randonnées pédestres et du site de ski nordique. Bien que la situation des finances communales soit satisfaisante la station reste solidaire de ses consurs queyrassines et son volant de manuvre en est naturellement réduit. Au point que dans de programme décennal on ne peut au mieux intégrer que le remplacement du matériel existant.
Rarement projet de développement communal aura fait l'objet d'une volonté aussi clairement exprimée de porter en lui les attentes d'une population qui cherche à trouver dans le monde tel qu'il est les ressources de son propre devenir.
Pendant le même temps, le Parc naturel régional du Queyras, se dote d'une Charte qui doit assurer la survie et le renouveau de notre Haut-Pays.
DAUPHINE LIBERE du 22/05/94 : Budget 94, rigueur et relance
Pour la troisième année consécutive, les taux d'imposition communaux seront inchangés. C'est la décision adoptée par le conseil municipal qui a préféré rechercher dans la maîtrise des dépenses les moyens de boucler un budget 94 assez ambitieux. Les dépenses et les recettes de fonctionnement s'équilibrent à 5,5 millions de Francs. Les principales recettes proviennent des dotations de l'Etat (pour 1,85 MF), des contributions directes pour 1,1 MF, des produits domaniaux et de l'exploitation pour 1 320 200 F. Les résultats de l'exercice clos sont repris pour 553 792 F.Le poste le plus important des dépenses est celui des travaux et services extérieurs et s'élève à 1,1 MF. Avec un crédit global de 946 874 F. les participations et contingents constituent désormais le second poste de dépenses du budget de la commune. Elles concernent essentiellement les différentes charges intercommunales. Les frais de personnel sont arrêtés à 860 000 F. Outre le remboursement des intérêts des emprunts pour 491891 F. un prélèvement de 1 320 314 F. est opéré pour financer des équipements.
Les dépenses et les recettes d'investissement s'équilibre à 8,5 MF de Francs. Il paraît intéressant de détailler certaines opérations.
Réhabilitation du village de vacances : les travaux restant à financer sur l'exercice 1994 représentent une somme de 3,2 MF légèrement inférieure aux recettes reportées.
Région PACA: 790 000 F., FEDER 600 000 F., emprunts 2 224 000 F. On note que les remboursements des annuités seront assurés par l'association VVF et que ces travaux ouvrent droit à une dotation globale d'équipement de 300 000 F. Outre une nouvelle souscription de parti sociales de la SEM Queyras pour 80 000 F., les aménagements de la piste de Bambuisson seront poursuivis pour 247 000 F. Dans le patrimoine bâti de la commune, 330 000 F. sont affectés à des travaux intéressants l'école, le centre d'ac-cueil, le local de la Fuga mis à la disposition des jeunes. La restaura-tion de l'église de St-Sébastien sera achevée. La dépense prévue d'un million de Francs est couverte par un crédit du Ministère de la culture de 620 000 F. et une subvention du Conseil général de 200 000 F. 700 000 F. sont affectés à une première tranche de travaux sur la Maison Chabrand. 350 000 F. sont apportés par le ministère de la Culture et 100 000 F. au titre du plan de relance. Elément fort du plan de développement pluriannuel de la commune, la maison de l'enfant fera
l'objet d'une étude de faisabilité ou d'un appel à projet. Une ligne de 45 000 F. est ouverte pour aménager, l'exécutoire du canal du Cheynet qui alimente le réseau d'irrigation par aspersion dont la commune continue à assurer le règlement des annuités.
DAUPHINE LIBERE du 17/03/95 : Plongeuse sous glace à 72 ans !
Boute-en-train de son village, Ma-rie Imbert âgée de 72 ans, a pu réaliser son vu le plus cher parmi ses nombreuses activités sportives, déjà à son acquis : un baptême de plongée sous glace au lac Ste-Anne sous la haute surveillance de l'équipe d'Aqua-Logis. Après avoir fait à pied avec un ami de sa famille M. Vallerian, le trajet du Mélézet à la cime de Ste-Anne, le long des pistes de ski, les voici transportés dans un cadre qu'ils ne sont pas prêts d'OUblier. De la neige vierge en abondance tout autour, ciel bleu, grand soleil et au milieu du lac uniforme un trou creusé. Philippe Cagan, directeur d'Aqua-Logis de Ceillac, et Gérard Geoffroy, ont aidé nos deux novices à se revêtir d'une fourrure polaire et d'une combinaison spé-ciale sèche" puis masques, palmes, ceintures de plomb et bouteilles.Après un discours pour la mise à l'eau et les recommandations de sécurité, ce fut pour chacun le plongeon sous une bonne épaisseur de croûte de glace...
Marie, heureuse et très satisfaite de ce court "voyage", a remercié du fond du coeur Philippe et lui a donné rendez-vous pour une prochaine expédition, invitant jeunes et moins jeunes à franchir le pas. Ce même jour et par pur hasard, son fils aîné André Imbert, CRS à Briançon, se trouvait à la chapelle Ste-Anne et a pu entendre les premières impressions de sa mère. Félicitations à Marie Imbert pour son courage.
Alpes et Midi du 23/02/96 : Obsèques
Une très nombreuse assistance a accompagné Jean Favier au lieu de son dernier repos : il avait 87 ans. Conseiller municipal de 1936 à 1977, maire de Ceillac de mai à octobre 1945, exploitant de la petite centrale qui alimentait en énergie électrique la commune de 1928 à 1952, créateur avec Philippe Lamour de la Société de Chasse "Le chamois de Sainte Anne", Jean Favier a profondément marqué la vie publique de Ceillac pendant plus de soixante ans. Agriculteur, commerçant, hôtelier, transporteur, il a vécu toutes les aventures de la mutation économique et sociale du village de Ceillac, laissant à ses enfants, à ses petits?enfants un patrimoine patiemment constitué. Venus des communes du Queyras, du Guillestrois et de plus loin encore, plusieurs centaines d'amis sont venus entourer tous les siens et se recueillir dans l'église de Ceillac, au cours d'une cérémonie chargée d'émotion et d'espérance, concélébrée par les Abbés Carboneau, Bernardi et Grossan. Passionné de photo et philatéliste à ses heures, Jean Favier eût aimé voir autour de lui tous ces visages familiers et entendre les poèmes lus à la fin de l'office par les membres de sa famille.
DAUPHINE LIBERE du 18/12/96 : Avis favorable pour renouveler le label du Parc
La commission spécialisée du Conseil National de Protection de la Nature a rendu un avis favorable pour renouveler, le label du parc naturel régional du Queyras pour dix ans. En toute logique, le ministre devrait suivre et prendre un décret d'ici février 1997.Etape par étape, la charte révisée du parc naturel régional du Queyras poursuit sa route. Lundi, la commission des parcs du Conseil national de protection de la nature a rendu un avis favorable par treize voix pour et six abstentions. Elle a voté à huis-clos, après avoir eu un débat de deux heures avec une délégation de haut-alpins, "montée" dans la capitale pour défendre le dossier.
Jacques Foisset représentait le conseil régional. Le président du parc, Alain Bayrou, était accompagné par Célestin Fournier (maire de Ceillac et nouveau président de la SEM des remontées mécaniques) et par André Buès (maire de Ristolas). Des techniciens participaient également à cette rencontre : Jean-Yves Astrue (directeur de l'agence régionale pour l'environnement), Christian Grossan (directeur du parc), Denis Grange (directeur adjoint) et Michel Blanchet (attaché scientifique). Le nombre n'a pas joué en défaveur des haut-alpins, au contraire, puisque finalement, les membres du CNPN ont pu trouver un interlocuteur pour chacune de leurs questions.
Le dossier était plutôt bien engagé puisque le rapporteur Pierre Davant (membre du CNPN) avait émis un avis favorable voulant " croire à la sincérité et à la détermination des personnes dirigeantes du parc ". Ses objectifs avaient porté sur l'absence de schéma de développement touristique, " la part trop belle au développement du tourisme d'hiver " et l'absence de dispositions précises pour l'assainissement de l'eau. Ces craintes ont été levées depuis la venue du rapporteur en juillet dernier. Les premiers groupes de travail pour l'élaboration du schéma touristique se sont réunis et se sont engagés à travailler dans l'esprit la charte. Le parc a commandé l'étude à un cabinet spécialisé pi: l'élaboration d'un "contrat de milieu sur le bassin versant du Guil". Étude qui pourrait aboutir à la mise en place d'un SAGE (schéma d'aménagement et de gestion des eaux). Alain Bayrou n'a pas caché à ses interlocuteurs les difficultés rencontrées lors de la révision de la charte jusqu'à la fronde des Saint-Véranais du mois d'août dernier. Le mot de la fin est revenu au maire de Ristolas qui a présenté la réserve naturelle, initiative vue d'un très bon oeil par le CNPN. Il a rappelé que les premières bases de ce projet avaient été jetés en 1986. Il aura fallu dix ans pour parvenir à lancer l'opération.
Pour l'application de leur charte révisée, les Queyrassins ont il demandé du temps et le CNPN le leur a donné. Une question de confiance en somme. La commission a proposé que la charte révisée soit validée pour dix ans, le délai maximum. Pour certains parcs, elle avait réduit la période à cinq ou sept ans. Un bon point pour le Queyras.
Le dossier ne devrait pas connaître de rebondissement. Aujourd'hui, la séance plénière du CNPN devra entériner la décision de sa commission des parcs. Ensuite, l'Environnement consultera les autres ministères pour avis. Avec tous ses sésames, le dossier arrivera sur le bureau du ministre de l'Environnement qui suit généralement l'avis du CNPN. On peut donc espérer un décret renouvelant le label pour la fin février 1997. Il restera ensuite aux Queyrassins... à faire vivre le parc.