ARTICLES DE PRESSE
DAUPHINE LIBERE du 3/01/81 : C'était la foire de la Saint-Michel
La municipalité de Ceillac a pris l'initiative d'organiser chaque année, à l'époque de la Saint-Michel, une foire aux ovins afin de permettre aux éleveurs la vente des agneaux mâles et des agnelles dès le début de l'automne.Cette manifestation a eu lieu pour la première fois et elle a recueilli un succès total, dépassant largement les espoirs des organisateurs.
Les acheteurs sont venus non seulement du département des Hautes-Alpes mais de toute la région, ainsi que du Gard, de l'Ardèche et de l'Aveyron.
Le bétail présenté était abondant. D'un côté, les agneaux et les agnelles locaux présentés par les éleveurs de Ceillac et des autres communes du Queyras, parmi lesquels on remarquait les produits de l'élevage Humbert de Souliers.
D'autre part, des lots de métisses descendues des troupeaux transhumants de la montagne.
La foire s'est tenue sur un vaste espace revêtu, immédiatement au sud du village, entre deux routes, ce qui permet l'accès immédiat des véhicules et facilite le chargement.
La quasi totalité du bétail exposé a trouvé acquéreur à des prix moyens correspondant à 12,50 F le kg pour les agneaux mâles de quatre mois et s'inscrivant entre 380 et 520 F pour des agnelles selon l'âge et la qualité.
L'association départementale de l'élevage ovin et la chambre d'Agriculture avaient organisé un concours doté d'une prime de 30 F par agnelle sélectionnée.
...
Après un exposé du président Pascal sur l'avenir ovin et les remerciements de M. Philippe Lamour, maire de Ceillac au nom de la municipalité, il fut procédé à la lecture du palmarès et à la remise des prix devant la foule considérable des visiteurs. Un repas en commun réunit ensuite les personnalités qui avaient bien voulu répondre à l'invitation de la municipalité de Ceillac.
Rendez-vous a été pris pour l'année prochaine à la même époque. Il n'est pas douteux qu'après la réussite de cette première manifestation, la foire de la Saint-Michel à Ceillac connaisse un succès sans cesse croissant et s'inscrive dans les traditions nouvelles du Queyras.
CEILLAC LA COOPERATIVE DE L'OR BLANC (Vie Publique décembre 1981)
Confier le développement touristique de la commune aux promoteurs privés, c'est plus facile, mais c'est parfois vendre son âme au diable. A Ceillac (Hautes-Alpes) les habitants n'ont fait confiance qu'à leur dynamisme. Et à l'imagination de leur maire.Un personnage débordant d'idées, une vingtaine d'agriculteurs décidés à rester au pays et un instrument coopératif : les sociétés d'intérêt collectif agricole, ou " Sica ", appliqués pour la première fois à l'habitat et aux équipements de sports d'hiver, tels sont les ingrédients qui ont permis la transformation de Ceillac, un petit village traditionnel des Hautes-Alpes en une commune équipée de pied en cape pour accueillir et distraire les touristes : " Une transformation qui s'est effectuée avec les habitants et pour les habitants, précise le maire, Philippe Lamour, puisqu'à tout moment la commune a gardé la maîtrise de son expansion ".
1965 - Philippe Lamour, alors président de la Commission nationale d'aménagement du territoire se blesse en chassant le chamois au-dessus de Ceillac. Immobilisé au village pendant plusieurs semaines, il s'intéresse aux problèmes d'une population en plein désarroi . huit ans plus tôt, en juin 1957, le village, inondé à la fonte des neiges, recouvert par un fleuve de boue, a été déclaré sinistré. Les villageois ont obtenu subventions et crédits pour reconstruire leurs maisons. Dans leur élan, ils ont même organisé à l'époque le premier remembrement-aménagement et réservé pour le futur lotissement des terres incultes mais ensoleillées. "Mais, se rappelle Philippe Lamour, les crédits obtenus au compte-goutte avaient seulement permis de terminer le gros-oeuvre. Et l'enthousiasme avait disparu, laissant la place à la lassitude. Une lassitude accentuée par la prise de conscience progressive que la compétition agricole devenait de plus en plus dure pour une commune de montagne."
Pour Philippe Lamour, à qui les agriculteurs ont "offert" de devenir leur maire, l'occasion était tentante de réaliser une "zone témoin" dans le Queyras de ce qu'on peut faire pour aménager la montagne. "J'ai alors proposé un changement complet d'orientation, se souvient-il : l'agriculture ne devait en aucun cas rester l'unique ressource du village. Les maisons seraient terminées mais seraient un projet de développe-ment touristique. Avec une innovation : ce projet, les agriculteurs en auraient la maîtrise totale et en seraient les seuls
bénéficiaires par le biais des sociétés d'intérêt collectif agricole."
D'un statut proche de celui d'une coopérative agricole, une Sica en diffère essentiellement par le fait que le nombre de voix y est proportionnel aux parts. Par exemple, si la Sica décide la construction de logements, les agriculteurs qui apportent des terrains se retrouveront copropriétaires des logements construits dans une mesure proportionnelle à leurs apports originels.
La première opération de la Sica-Habitat de Ceillac consiste donc à terminer les chalets. Des techniciens établissent plans et devis, se chargent de passer les marchés, négocient subventions et prêts complémentaires. Deux ans plus tard, dix-neuf familles ont fait transformer leur future ferme en quatre appartements, soit au total soixante seize logements d'accueil. Puis, une fois la Sica bien rôdée, Philippe Lamour, décide de lui faire réaliser collectivement ce qu'elle a fait auparavant individuellement pour les agriculteurs sinistrés : les propriétaires de la commune apportent alors leurs terrains incultes ; la Sica les réunit, puis procède à la construction d'appartements. Tout cela grâce à une subvention du Commissariat à la rénovation rurale en montagne, ancêtre du FIDAR, et à des prêts du Crédit agricole au taux de 5%, avec un différé d'amortissement de trois ans. Au total : trois immeubles sont construits représentant soixante-douze logements que la Sica continue aujourd'hui de gérer. " Le coût total de l'opération "habitat " a frôlé les quatre millions de francs, précise Christian Grossan, secrétaire de mairie à Ceillac. Avec les gîtes ruraux, également aménagés pour le compte des particuliers. Mais la commune peut offrir aujourd'hui un total de 2 500 lits qui sont quasiment en totalité la propriété de la population. "
Encore fallait-il que les équipements sportifs suivent " l'envolée " de l'immobilier ~ là-dessus encore, Philippe Lamour, avait une idée bien arrêtée " Il n'était pas question de sacrifier les sites, et de concert avec le Syndicat intercommunal dont Ceillac fait partie, nous avons fait le choix de stations--villages disséminées à travers tout le territoire du SIVOM ". Le syndicat, dont Philippe Lamour est le président, rachète alors en bloc les embryons de remontées qui existent et s'octroie l'exclusivité de toute construction ulté-rieure. Puis, il crée une autre Sica, char-gée, celle-là, de construire de nouvelles remontées mécaniques, et d'en assurer la gestion.
La " Sica-Sport " démarre alors avec une subvention du Commissariat à la Rénovation rurale, qui entraîne les prêts bonifiés du Crédit agricole. Résul-tat : 52 appareils (télésièges et télé-skis) propriété du Sivom couvrent aujourd'hui le territoire de 9 communes. Ils sont gérés par la Sica qui chaque année embauche le personnel saison-nier, perçoit les recettes et en reverse l'excédent au Sivom qui l'affecte au remboursement de la dette.
Point d'orgue de ce développe-ment équilibré entre agriculture et tou-risme, en 1977, est créé le parc régional du Queyras. Celui-ci a permis par l'inter-médiaire des POS notamment, de pré-server l'agriculture, mais aussi de res-taurer les fontaines, chapelles, fours banaux, croix qui jalonnent les che-mins.
" La commune de Ceillac ne compte pas moins de deux églises et de quatorze chapelles sur son territoire ! "constate Jean Meissimilly, l'un des gar-diens du parc. Pour canaliser le tourisme, deux sentiers de grandes randon-nées ont été banalisés. Enfin, des cré-dits ont été affectés à la construction de ~deux stations d'épuration et à la des-truction des ordures et des épaves.
Mais cette diversification tous azi-muts n'a pas échappé aux difficultés. Si les quelques petits retards administra-tifs sur lesquels bute toute idée neuve, ont été vite surmontés, les conséquen-ces de la crise de l'énergie, elles, ont failli être fatales : "Nos bâtiments, construits au temps où le fuel valait 19 centimes (contre 2,30 F aujourd'hui) ne possédaient ni double vitrage, ni isola-tion ! constate Christian Grossan. Les charges se sont alors mises à grimper rapidement et nous avons connu des problèmes de trésorerie."
Un moment difficile incontesta-blement pour la Sica-Habitat qui, aujourd'hui, paraît avoir passé le cap difficile. " Les touristes sont maintenant habitués à payer plus cher", constate-t-on. Mais quand même, lorsque les annuités seront remboursées, dans trois ans, on pense déjà à un nouvel emprunt : destiné celui-là à isoler les maisons et peut-être celui-là à cons-truire des mini-centrales hydro-électriques communales.
La Sica-Sport, a connu certains problèmes : le remboursement de la dette s'élève annuellement à 1 815 00OF: mais les recettes, elles, varient du simple au double suivant l'enneigement: "Ainsi, en 1980 nous avons dû demander un différé car nos recettes, 864 000 F seulement, étaient loin de couvrir ce que nous devions ! " s'exclame Christian Grossan.
Malgré ces avatars, le résultat est là : d'abord, l'arrêt de l'hémorragie vers la ville: " La population a même augmenté, elle est passée de 202 habitants à près de 250 aujourd'hui, remarque Philippe Lamour ; il y a eu 60 mariages à Ceillac depuis 1965. Et des jeunes filles de la ville sont venues s'installer ici. Quant aux élèves, ils sont passé de 11 en 1967 à 36 en 1981 et une nouvelle école a dû être construite ! "
Tout cela, évidemment, est la con-séquence des créations d'emplois qui ont suivi le développement touristique de la station et qui ont été réservés aux gens du pays : tous cumulent ainsi l'agriculture et une ou plusieurs autres occupations : maçonnerie, artisanat, commerce, monitorat de ski... Un exemple : la Sica-Sport emploie 5 personnes en permanence, mais 80 à 90 pendant les quatre mois d'hiver !
Ceillac paraît donc sur la bonne voie. Le niveau de vie, d'ailleurs, s'est élevé considérablement : on compte aujourd'hui dans la commune 65 voitu-res, 25 tracteurs, 75 abonnés au télé-phone, et... 40 postes de télévision. Les équipements publics ne sont pas en reste : centre commercial, village de vacances, hôtels, école de ski, banque, agence postale, cabinet médical, etc... Quant à la morale de l'histoire, elle fait mentir l'adage selon lequel la reconnais-sance n'existe pas : Philippe Lamour élu en 1965 maire à l'unanimité par les habi-tants de deux vallées rivales depuis le XII ème siècle, n'a jamais été réélu depuis ce temps avec moins de... 97% de voix.
DAUPHINE LIBERE du 18/07/82 : Une école d'escalade à Ceillac
Depuis longtemps déjà le village de Ceillac est justement réputé pour le nombre et la variété des randonnées et des promenades dont il est le point de départ: promenades en forêt, lacs de Ste-Anne, de Miroir, de Clausis et des Rouites, plus de dix cols de 2251 à 3047 m, la Font-Sancte et la Péouvou à plus de 3300 m. Depuis le début du mois, les amateurs de montagne disposent en plus d'une école d'escalade, au lieu-dit " La Viste ". En effet, sous l'égide du bureau municipal de Tourisme et avec le concours actif et efficace du détachement de Briançon des Compagnies Républicaines de sécurité, une école d'escalade a été équipée.Nous saluons cette heureuse initiative qui complète et affirme la vocation sportive du village de Ceillac qui peut compter aussi sur la compétence d'un guide de haute-montagne et d'un accompagnateur qui seront aidés bientôt par un cheval de Meyrens.
Après le recensement réalisé pendant le printemps dernier, il paraît intéressant de s'arrêter sur les chiffres les plus significatifs qui en ressortent.Pendant la période 1975-1982, la population au village est passée de 234 à 292 habitants, soit, en pourcentage une progression de 24,78 %. Si la population recensée est très jeune, l'augmentation de celle-ci provient autant de l'installation de nouveaux foyers due de l'excédent des naissances par rapport aux décès.
Les jeunes de moins de seize ans, au nombre de 74, représentant le quart de la population, les plus de 65 ans, qui ne sont que 24, n'en représentent que le douzième. Le tranche d'âge la plus importante est celle des 26-35 ans, ils sont 78, juste avant celle des 16-25 ans : 48, et celle des 36-45 ans :32.
Les enfants de moins de 2 ans étaient en avril, aussi nombreux que les adultes âgés de 46 à 55 ans !
La moitié des habitants de Ceillac a moins de 26 ans !
Cette jeunesse de la population, à laquelle on n'aurait osé espérer au début des années soixante est bien évidemment un encoura-gement puisqu'elle témoigne du re-nouveau démographique du village.
Les chiffres doivent néanmoins at-tirer notre attention sur le fait que, dans les quinze années à venir, le nombre des jeunes arrivant sur le marché du travail dépassera largement celui des actifs admis à faire valoir leurs droits à la retraite.
Mais ce recensement, une " moisson de chiffres pour la France ", annonçaient justement les affiches, apporte d'autres renseignements qu'il serait difficile de présenter ici. " On notera toutefois que la population recensée se répartit dans 89 résidences permanentes, tandis que 153 familles possèdent à Ceillac une résidence secondaire (chalet d'alpage, studio en copropriété, biens de famille, constructions individuelles) ; pour souligner que ces chiffres révèlent un réel déséquilibre entre le nombre des "habitants " et celui des " résidents temporaires ". A terme, si elle n'était pas rapidement modifiée, la loi électorale permettrait aux seconds d'imposer leurs vues aux premiers.
Il faut cependant rapprocher de ces chiffres ceux qui traduisent l'évolution du patrimoine immobilier de la population et des organismes auxquels elle participe depuis 20 ans.
On comptait, au recensement de 1962, 6 logements meublés destinés à la location saisonnière et 9 chambres d'hôtel. En 1982, les habitants accueillent des vacanciers dans 50 chambres d'hôtel et 249 logements meublés. Pendant le même temps, les deux locaux commerciaux en ont engendré une vingtaine.
Si en 1962, tous les foyers disposaient de l'eau et de l'électricité, il faut attendre ce dernier recensement pour constater que tous les ménages, à quelques exceptions près, disposent d'une salle de bains ; 70 d'entre eux sont abonnés au téléphone contre 1 en 1962. Quatre véhicules à cette date contre 80 aujourd'hui...
DAUPHINE LIBERE du 28/06/83 : Un nouvel équipement de valeur : la poste
Ceillac vient de se doter d'un nouvel équipement : la poste. C'est un événement au coeur de ces majestueuses montagnes, sur ce magnifique plateau aménagé. Certains diront : " la poste a été créée par le tourisme ". Certes, cet équipement concerne les touristes. Mais il rend d'abord un immense service aux habitants du village, les Ceillaquins. Et puis, il témoigne de l'effort des P.T.T. en faveur du milieu rural. Lundi, en fin de matinée, le préfet Blangy coupait le ruban inaugural de cette réalisation exemplaire, une réalisation pas comme les autres qui constitue le soixante-neuvième bureau dans le département des Hautes-Alpes.Le Queyras vient donc de voir l'ouverture de son huitième bureau des P.T.T.. Il faut dire que la municipalité de Ceillac qui a tenu à une telle mise en place, n'a pas cessé d'oeuvrer à sa réalisation. La poste inaugurée lundi par le préfet Blangy est installée dans les locaux de l'ancienne école, locaux communaux. Les travaux d'aménagement ont été également effectués par la commune. Les P.T.T. ont pu structurer l'intérieur de ce local très agréable et éclairé. Cette collaboration entre la municipalité et les P.T.T. s'est soldée par l'équipement actuel, ouvert au public, et offrant tous les services de la poste. L'on peut dire que Philippe Lamour, ancien maire de Ceillac, et que Mme Guillaume, ancienne responsable départementale des P.T.T. ont été les chevilles ouvrières de cet équipement. Le commissaire de la République ne manquait pas de le rappeler au cours de son allocution. Mme Guillaume était d'ailleurs présente pour l'inauguration.
C'est incontestablement une bonne chose que d'avoir remplacé l'ancienne agence postale ceillaquine, datant de 1974. Aujourd'hui, les 292 habitants pourront user du service décentralisé. Car il faut reconnaître que cette poste est un exemple de décentralisation en milieu rural M. Reynaud, le maire de Ceillac, a tout lieu d'être satisfait d'une telle commodité pour les résidents permanents et saisonniers.
La commune a même mis l'appartement au dessus du bureau à la disposition de l'employé permanent. Actuellement, la "brigadière" (l'administration les appelle ainsi !) se nomme Suzanne Arnoux, elle vient d'Embrun...
Avec la bonne volonté des Ceillaquins, les diverses opérations effectuées par ce service couvriront seulement 40 % des frais. Ne doutons pas que les autochtones participeront en masse à un bonne marche de cet équipement de... valeur.
DAUPHINE LIBERE du 3/03/84 : Un nouveau centre de vacances
A l'initiative de M. Jean-Louis Charles. directeur du centre de vacances que la ville de Gennevilliers vient d'ouvrir à Ceillac, la municipalité, conduite par M. Reynaud, maire, les personnels de la commune, de l'école de ski, des remontées mécaniques et les commerçants de la station ont visité, vendredi 24 février, les installations très fonctionnelles qui viennent ajouter une centaine de lits à la capacité d'accueil de la commune.La visite , commentée par M. Boileux, chef des services techniques de la ville de Gennevilliers a permis de découvrir à côté des équipements collectifs aménagés avec beaucoup de goût (salles de classe, bar, cuisine), les logements mis à la disposition des familles.
Si, certaines unités sont exclusivement affectées à l'occupation familiale, dans d'autres logements, la cuisine escamotable permet d'héberger, à raison de quatre par pièce, les élèves des classes de neige et des classes vertes.
Dès le mois de mars, deux classes sont attendues, Ainsi 10 ans après que le premier centre de vacances de la ville de Gennevilliers de Ceillac ait cessé de fonctionner, 58 enfants reprendront la trace de leurs aînés sur les pistes de Ceillac. Ce sont ces retrouvailles que l'on devait fêter au bar, à la fin de la visite, grâce à laquelle les Ceillaquins ont pris un premier contact avec le nouveau centre, ses responsables et quelques membres du personnel et là vingtaine de familles dont le premier séjour touchait à sa fin.
DAUPHINE LIBERE du 24/06/84 : L'inauguration du centre de vacances de Gennevilliers
" Une longue histoire d'amour entre une ville industrielle et un village du Queyras "Pas un millimètre de perdu ! ". C'est le commentaire du maire de Gennevilliers, à propos de l'aménagement du centre de vacances réalisé à Ceillac par la ville des Hauts-de-Seine.
Son premier magistrat, M. Lucien Lanternier, avait invité, pour procéder à l'inauguration du bâtiment, M. Marcel Rigout, ministre de la Formation professionnelle et Jacques Brunhes, député des Hauts-de-Seine.
Le parlementaire, qui n'était alors qu'instituteur avait, il y a vingt-cinq ans, conduit à Ceillac la première classe de neige de Gennevilliers et peut-être même en France. Le séjour s'était passé en parfaite harmonie. Maîtres et lèves qui avaient réalisé des échanges avec l'école du village, étaient hébergés à l'hôtel des Mélèzes. La municipalité en fit l'acquisition pour le transformer en centre permanent et recevoir des petits banlieusards. Jacques Brunhes en devint le directeur.
L'aménagement intérieur des locaux s'avéra très vite ne pas correspondre à la vie en collectivité. L'hôtel fut détruit. Sur son emplacement, grâce à la compréhension de la municipalité de Ceillac qui a manifesté sa volonté de trouver des solutions aux problèmes rencontrés, un immeuble moderne se dresse désormais.
Son architecture, due à M. Auzolle, s'intègre parfaitement dans le site, et a parfaitement satisfait les Ceillaquins, inquiets de voir s'élever un cube de béton et d'acier.
Le bâtiment, qui a été construit en huit mois, fonctionne depuis février. Il est fonctionnel, polyvalent et devrait être occupé pendant dix mois de l'année.
Il est destiné à recevoir deux classes de neige et de nature ou soixante-dix enfants en centre de vacances, de même que des séjours familiaux ou de retraites : dans ce cas de figure, ce sont 45 personnes qui sont accueillies. La répartition des lieux a été étudiée pour que chacun puisse se côtoyer sans nuisance.
Les studios, fort bien agencés, sont aussi équipés d'un coin cuisine. Cet équipement permet aux familles d'être indépendantes si elles le souhaitent, ou de bénéficier de la restauration collective.
A l'heure des discours, où ont pris la parole M. Antoine Reynaud, maire de Ceillac, M. Lanternier, maire de Gennevilliers, M. Brunhes, député des Hauts-deSeine, et M. Marcel Rigout, ministre de la Formation professionnelle, la coopération confiante et la ténacité des deux municipalités ont été largement soulignées. C'est surtout l'amitié entre la ville industrielle de la banlieue parisienne et la merveilleuse station du Queyras qui ont été fortement évoquées. Des liens plus puissants se sont d'ailleurs noués, puisque plusieurs mariages entre Gennevillierains et Gueyrassines ont été célébrés.
Le ministre de la Formation professionnelle est, lui aussi, tombé amoureux de Ceillac. " Je reviendrai, a-t-il promis, à la rencontre de la beauté, de l'hospitalité, de la simplicité et de l'amitié ".
" La récente réunion du Comité directeur du syndicat de gestion du Parc naturel régional du Queyras a été l'occasion d'une nouvelle orientation d'activités correspondant à l'évolution de l'action des responsables du parc pour les années prochaines.Le parc a été créé à une époque où le souci principal était essentiellement de remédier aux effets de la dégradation économique et démographique subie par la région à la suite des deux guerres mondiales et qui avait suscité l'abandon pratique du patrimoine immobilier traditionnel et de l'entretien des ouvrages établis jadis par les anciennes générations et l'invasion polluante de déchets et de ruines.
Dans une première étape, les dirigeants du parc se sont attachés à cette uvre de nettoyage et de rénovation des témoignages du passé, élimination des déchets domestiques et métalliques, épuration des eaux, propreté des sites. Une uvre permanente a été, en même temps, poursuivie pour la rénovation des monuments, églises, chapelles, fontaines, maisons traditionnelles, pour la disparition des bâtiments en ruine, la remise en état des hameaux abandonnés, l'embellissement des villages.
Cette uvre à présent très largement engagée sera poursuivie avec persévérance au niveau des moyens financiers disponibles avec le concours des municipalités.
Mais grâce à ces efforts et à leurs résultats, il est désormais possible d'entreprendre des actions constructives destinées à accroître le développement des activités dont dépendent le maintien et l'essor de la prospérité retrouvée.
Le succès comporte ses exigences, l'arrêt de l'exode et le redressement démographique comportent de nouvelles exigences et en particulier de s'employer dès à présent, à préparer l'emploi des générations montantes.
L'exploitation rationnelle des ressources naturelles doit permettre le maintien d'une agriculture orientée vers l'élevage ovin qui assurera la vie des familles demeurées attachées à la terre, mais elles seront de moins en moins nombreuses et c'est surtout vers le développement des activités de tourisme que doivent être dirigées les actions et les migrations.
Dans ce domaine, on ne peut demeurer passif, il faut sans casse accroître la valeur attractive de la région, améliorer les conditions d'accueil, multiplier les éléments d'intérêt qui susciteront une fréquentation touristique de plus en plus efficace aussi bien par la qualité que par la quantité.
Les équipements sportifs devront être conçus en fonction de l'évolution des goûts et des techniques. L'hébergement doit être adapté aux exigences de la clientèle et aux contraintes de la concurrence.
La vie culturelle doit être désormais considérée comme un élément devenu indispensable de la vie quotidienne. Le Queyras doit s'équiper pour satisfaire l'appétit croissant de la connaissance des lieux et des hommes qui anime les citadins désireux d'échapper à l'existence monotone et épuisante des villes pour retrouver les sources de la vie.
Une nouvelle et belle aventure commence pour le Queyras. Il a été sauvé de l'abandon qui le menaçait. Il doit à présent s'illustrer comme un lieu privilégié et un des plus joyeux de notre patrimoine national ".
DAUPHINE LIBERE du 14/11/86 : COMPTAGES ROUTIERS: des chiffres surprenants et encourageants.
En dépit des aléas de la circulation et notamment de la difficile traversée de Guillestre, les comptages routiers sur le CD 60 par les services de la subdivision de l'Equipement de Guillestre sont encourageants pour ce qui concerne la fréquentation de Ceillac.En effet, avec 35.929 passages en juillet 1986, on observe une progression de 8 % par rapport au même mois de l'année précédente. La progression est de 20,4 % pour le mois d'août 1986 avec 42.609 passages contre 35.371 l'année précédente.
Mais la comparaison de ces chiffres avec ceux enregistrés à la sortie de Guillestre sur le CD.902 qui comptabilisent la fréquentation globale du Queyras est pour le moins surprenante. Si en juin, les passages décomptés sur la route de Ceillac représentent 15,5 % de la fréquentation globale. Ce pourcentage s'élève à 31,44 % en juillet, pour atteindre 37,68 % en août.
Autre surprise: entre août et juillet, on a constaté une augmentation des comptages de 18,5 % sur le CD.60 qui relie Ceillac aux gorges alors que sur le CD.902, le comptage enregistre 114.268 passages en juillet et 113.055 seulement en août. Le passage du Tour de France dans les gorges du Guil et à l'Izoard, le 20 juillet dernier, explique peut-être que le nombre des passages enregistrés en juillet soit légèrement supérieur à celui du mois d'août sur le CD.902. A moins que la traversée de Guillestre ait été à ce point dissuasive que les aoûtiens aient finalement renoncé à visiter le Queyras, après avoir marqué le pas, une heure durant, dans les rues de Guillestre. Avec près de 230.000 passages pendant les seuls mois de juillet et août, la route du Queyras est devenue un axe de circulation important. Ce chiffre confirme, si besoin en était, l'urgence de certains aménagements. La route de Ceillac, par la fréquentation qui y est enregistrée, doit également retenir l'attention même si pour arriver dans le Queyras, il faut d'abord franchir le bouchon de Guillestre qui doit constituer une urgente priorité.